Pousser en ville

Pousser en ville

ENTREE GRATUITE

Laboratoire citoyen pour un développement durable de la commune 3

du au
ical Google outlook Arts visuels Exposition

L’institut français initie une réflexion sur les gestes artistiques associés à une prise en compte de la manière d’habiter la ville dans un esprit de développement durable.
Cette exposition marque le coup d’envoi d’un mois de débats d’idées et de projections de films autour des villes durables. L’organisation d’un séminaire autour du développement durable des villes africaines, le 26 octobre en sera le point d’orgue.
Cette exposition présente trois projets artistiques en design urbain autour de thématiques portant sur l’aménagement de jardins connectés, la fracture numérique, et des gestes artistiques dans l’espace public. Au delà des projets en tant que tel, c’est le mode de gouvernance du quartier qui est présenté. Il s’agit, et c’est sa force, d’un projet initié par les habitants de la commune 3 (Badialan 1 et 2), les élus locaux et les équipes artistiques invitées à y travailler. Le commanditaire initial étant les habitants sous l’impulsion d’un groupe de jeunes gens, soucieux d’acquérir des gestes quotidiens pour imaginer une politique de développement dont les générations à venir devront se ressaisir.

Les Jardins connectés

A la demande des habitants de la Commune 3 Babialan 1, soucieux de reconvertir des friches urbaines au profit de la population du quartier, l’Ecole Supérieure d’Ingénierie d’Architecture et d’Urbanisme de Bamako (Esiau) présente un projet de réaménagement de ces friches.

Trois maquettes mettent en scène une pépinière, un jardin maraicher et un espace vert destiné à accueillir les jeunes mariés et leur famille pour des séances de photos. Elles exposent les modes d’arrosage et d’élevage commandés par une application développée à l’Esiau.
Application qui peut être téléchargée sur n’importe quel téléphone portable. Enfin, ces jardins proposent une autosuffisance grâce à des panneaux solaires et le recyclage des déchets.

Le Grin mobile

Restitution d’atelier avec l’Ina, le Camm et l’Esiau animé par Cheick Diallo

L’usage du numérique constitue un facteur important pour l’émergence de la société du savoir et contribue activement au développement humain, à l’amélioration de la cohésion sociale et à la croissance de l’économie globale.
L’Etat malien souhaite se tourner vers le secteur du numérique avec le programme Mali numérique 2020 porté par le ministère de l’économie numérique, de l’information et de la communication. Dans cet esprit, le designer malien Cheick Diallo a dirigé, en juin dernier, un atelier avec des étudiants du Camm, de l’Ina et de l’Esiau, afin d’imaginer une iBox automobile fonctionnant à l’énergie solaire et connectée à un internet satellitaire qui permettrait d’avoir accès à de nouveaux services connectés.
Plusieurs des étudiants étaient impliqués dans le projet de la Commune 3. Ils ont orienté le projet pour proposer un regard sur les oubliés d’internet et concevoir un objet susceptible d’accompagner les populations à se ressaisir des usages numériques.
Ils se sont appuyés sur une organisation sociale quasi institutionnelle au Mali : le Grin. Depuis quelques temps, ils ont observé que si le thé était toujours là, servi par les anciens, les plus jeunes étaient refermés sur leur smartphone en lien virtuel avec le monde mais imposant leur silence accablant aux autres membres du Grin.
Les étudiants designers ont donc cherché le moyen de partager les usages du net et non le réduire à de simples relations virtuelles par le biais des réseaux sociaux. Parti pris humaniste pour un Internet qui est une ouverture réelle au monde et non une coupure. Le design des objets répond à cette nécessité de renouer avec les autres membres du Grin.
L’objectif est de concevoir un objet mobile multifonctions de fabrication simple avec des matériaux disponibles, bon marché et écologiquement pertinent. En l’occurrence des motos tricycles qui seront habillées de trois modules aménagés, équipés et fonctionnellement autonomes. Elles déplaceront une plate forme d’outils numériques et d’usages internet à partager entre membres d’un même Grin favorisant ainsi une réappropriation conviviale de ces nouveaux usages. Selon le mode de disposition, il peut servir de bureau, de mobilier urbain et surtout d’espace de convivialité associé au Grin. C’est d’abord un tisseur de lien qui sera initié par les habitants de la Commune 3 avec les grins du quartier. Après l’exposition à l’institut français de Bamako, le projet est invité à rejoindre l’exposition Mini-Maousse 7, micro architectures nomades pour les oubliés d’internet à La Cité de l’architecture à Paris de mars à juin 2020.

Le zoo de Sidiki

Pour Sidiki Traoré, les animaux sont des individus et il les traite en tant que tels.
Rhinocéros, chameau, âne, cheval, sont en fer recyclé et barils usagés.

Quelques torsions ou quelques traits de trop, de cette foule de petits mensonges sort une autre vérité, la souveraine condition de ces animaux majestueux.
Ces forces de la nature trônent dans l’Institut français avant de se déplacer dans la ville.

Ce bestiaire est accompagné de carrés maraichers pour illustrer le propos d’un geste artistique dans ces espaces en gestion partagée par les habitants des quartiers où le minéral, le végétal et l’animal se parlent et se répondent pour des demains urbains, des lendemains durables.