Cheick Diallo (Mali)

Cheick Diallo (Mali)

DESIGN. Du 27 mai au 15 juin 2019 :
Le Grin mobile.
Cheick Diallo (Mali)

Production : Institut français du Mali et Cité de l’architecture à Paris. Avec le concours d'Orange Mali.
Bénéficiaires : 10 étudiants du Camm, de l’INA, de l’Esiau.

Cheick Diallo dirige un atelier avec des étudiants du Camm et de l’Esiau afin d’imaginer une iBox automobile fonctionnant à l’énergie solaire et connectée à un internet satellitaire qui permettrait d’avoir accès à de nouveaux services connectés.

Le projet se déploie sur quatre pays : Le Sénégal ; le Mali, la Tunisie et la France et se consacre à construire un regard en miroir des deux côtés de la méditerranée sur les oubliés d’internet et s’efforcer d’accompagner les populations à s’en ressaisir.

Selon le dernier classement des Nations Unis pour le e-gouvernement, le Mali occupe la 181ème place sur 193 pays classés sur la réappropriation du numérique. 16% de la population en aurait usage. Le score moyen de l’Afrique est de 26 %e contre 47 %, la moyenne mondiale. Le Mali est donc très loin derrière les autres pays. Pourtant l’économie numérique est le secteur le plus dynamique de l’économie mondiale et le Mali n’y fait pas exception. Les TIC sont bien implantées. Le marché de la téléphonie est la preuve de ce dynamisme ; il est le deuxième du monde en termes d’usagers. Déjà 93 % d’utilisateurs ont accès à la téléphonie mobile. Pourquoi l’utilisation des services numériques est donc si faible, même parmi les plus jeunes ?

Les deux projets dessinés sous la direction du designer malien Cheick Diallo reprennent cette question pour essayer de comprendre que cette fracture n’est pas seulement technologique et que le projet de réappropriation doit passer par des chemins plus familiers et affectifs sans céder au repliement individuel.
Lire est une ouverture au monde dans l’intimité. Surfer sur le web est une ouverture au monde qui doit rester sociale et communautaire. Le parti pris du design des objets répond donc à cette nécessité de renouer avec le mode de rencontre des sociétés maliennes : le Grin. Chaque famille, chaque individu, par génération ou de manière inter-générationnelle fait partie d’un Grin. C’est un acte social extrêmement puissant où les participants se sont choisis et se retrouvent chaque jour quelque soit l’heure. Le Grin est installé dans la rue, devant la porte d’une concession le plus souvent, des chaises, quelques caisses à usage de table et le thé. Symbole du partage qui marque le temps d’un échange. Le Grin est installé dés le matin, il réunit les plus âgés qui sont disponibles. Le soir après 17h, le Grin se nourrit de tous ses membres. La journée y est exposée autant que les discussions autour du monde et du temps qui passe. Tout le monde appartient à un grin. Comme s’il s’agissait d’une obligation sociale.

Depuis quelques temps, le thé est toujours là mais les discussions deviennent silencieuses. Chacun est sur son smartphone et, dans le meilleur des cas, on échange avec les autres membres du Grin, les images et vidéos que l’on reçoit sur sa machine. En dehors de Facebook, Whatsapp et Instagram, ce petit ordinateur de poche ne sert pas à grand-chose mais on ne l’éteint jamais. Les plus jeunes ont le regard jaloux sur leur machine et acquiescent mollement aux interjections de leurs ainés surpris de ne plus susciter la déférence qu’un plus jeune leur doit. Le design de l’Ibox doit d’abord poser la question de son intégration à la structure même du Grin. Les objets dessinés doivent impérativement appartenir au grin et inviter ses membres à retrouver une place naturelle à la fois dans l’usage des services proposés et la restauration d’un dialogue disparu. Le petit ordinateur personnel au centre de la question doit devenir le prolongement de ces nouveaux contenus, le prétexte à de nouveaux échanges. L’environnement proposé ne doit pas débarquer mais au contraire embarquer la codification très sophistiquée de l’organisation du Grin.

Objectifs et moyens pédagogiques :
L’objectif est donc de concevoir un objet mobile multifonctions de fabrication simple avec des matériaux disponibles, bon marché et écologiquement pertinent : En l’occurrence des motos tricycles qui seront habillées de trois modules aménagés, équipés et fonctionnellement autonomes.

Selon le mode de disposition, il peut servir de bureau, de mobilier urbain et surtout d’espace de convivialité associé au grin. C’est d’abord un tisseur de lien.

Toute la conception, en vue d’une déclinaison a l’infini, correspond à un art de variation sur un thème unique : Celui de vivre ensemble.

 

Dates de restitution :
1ère étape en mai 2019. Classe de maîtres
2ème étape en novembre 2019. Présentation de la maquette dans le cadre de novembre numérique.
3ème étape au printemps 2020 avec l’exposition Mini Maousse 7 – Afrique à la Cité de l’architecture à Paris.
4ème étape à la rentrée 2020 avec la fabrication et la mise en circulation de l’Ibox automobile.